Devenir bénévole en maraude : ce qui vous attend vraiment
Par Franck M, publié le , mis à jour le
Beaucoup de gens voudraient aider et n’osent pas, parce qu’ils ne savent pas ce qui les attend. Voici, sans enjoliver, ce qui se passe un samedi de maraude à Aubervilliers.
Le déroulement d’un samedi
Le rendez-vous est à la cité paroissiale d’Aubervilliers, en début d’après-midi. On y prépare les repas ensemble : c’est un temps de cuisine collective, bruyant et plutôt joyeux, où l’on fait connaissance en épluchant.
Vient ensuite un temps de prière, court, avant de partir. Puis on charge et on rejoint la Porte de la Villette, où l’on installe le stand.
La distribution occupe le gros de l’après-midi. Quand elle est terminée, on ramasse les déchets, les nôtres et souvent ceux qui traînaient déjà : on laisse le lieu plus propre qu’on ne l’a trouvé, c’est une question de respect envers ceux qui y vivent.
Reste alors le temps d’écoute, et beaucoup de bénévoles vous diront que c’est le vrai cœur de la maraude. On ne repart pas dès la dernière assiette servie. On s’assoit, on discute avec ceux qui en ont envie, parfois longtemps. Une dernière prière clôt la journée, une fois tout rangé.
Compter de 13h à 17h environ.
Ce qui est difficile, et qu’on vous dira rarement
Le plus dur n’est pas le froid, ni le poids des marmites.
C’est de soutenir un regard. Le réflexe, devant quelqu’un qui dort dehors, est de détourner les yeux. S’arrêter, s’accroupir, parler, cela demande un effort que la plupart des nouveaux bénévoles découvrent le premier jour.
C’est aussi de rentrer chez soi sans avoir résolu quoi que ce soit. Vous ne sortirez personne de la rue un samedi après-midi. Vous aurez servi un repas et tenu une conversation, et c’est déjà le Christ que vous aurez servi : « Chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait. » (Mt 25, 40)
Le fruit ne nous appartient pas. Nous plantons, nous arrosons, et c’est Dieu qui donne la croissance. Cela ne rend pas la soirée plus facile, mais cela change ce qu’on rapporte à la maison.
Enfin, il y a les refus. Certaines personnes ne veulent ni repas ni discussion. Cela n’a rien de personnel.
Ce qu’il n’est pas nécessaire d’être
- Croyant. Notre association est catholique et le dit sans détour, mais nos équipes accueillent fraternellement toute personne de bonne volonté. Le temps de prière n’oblige personne, et beaucoup de nos bénévoles ont commencé sans savoir quoi en penser.
- Disponible toutes les semaines. Beaucoup viennent une fois par mois. Une équipe se construit avec des présences irrégulières, pas avec des serments.
- Formé. Il n’y a rien à savoir faire. On vous met à côté de quelqu’un d’expérimenté et vous apprenez en faisant.
- Jeune ou costaud. Il y a de la cuisine, de la logistique, du rangement, des trajets. Chacun trouve où se rendre utile.
Venir essayer une fois
Presque personne n’a décidé un matin de devenir bénévole. La plupart de nos équipes se sont constituées de la même façon : quelqu’un est venu une fois pour voir, sans rien promettre, et il est revenu.
C’est exactement ce que nous proposons. Venez un samedi, posez vos questions, repartez si ce n’est pas le moment. Personne ne vous rappellera pour vous culpabiliser.
Les maraudes reprennent en septembre, après la pause de l’été. Écrivez-nous et nous vous préviendrons de la date de reprise.