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Une mission portée par la paroisse Notre-Dame des Vertus, à Aubervilliers 06 13 71 05 25

Maraude à Aubervilliers : comment ça se passe, comment y participer

Par Franck M, publié le

Une maraude, c’est aller à la rencontre des personnes de la rue là où elles se trouvent, avec de quoi manger et du temps pour parler. Voici comment se déroule la nôtre, chaque samedi à la Porte de la Villette, et comment y participer ou en bénéficier.

Pendant l’étéNos maraudes sont interrompues pendant les vacances scolaires et reprennent à la rentrée de septembre. Si vous avez besoin d’aide dès maintenant, appelez le 115, gratuit et ouvert 24h/24, ou consultez Soliguide, l’annuaire des lieux ouverts près de chez vous.

Qu’est-ce qu’une maraude

Le mot vient du vocabulaire des équipes sociales. Une maraude désigne une sortie organisée vers les personnes sans domicile, pour leur apporter de quoi manger, de quoi se couvrir, et pour prendre de leurs nouvelles.

Le principe de fond, c’est l’inversion du déplacement. Les dispositifs classiques attendent que la personne vienne : au guichet, au centre, avec un dossier. La maraude fait le chemin inverse. Elle s’adresse d’abord à ceux qui ne demandent plus rien, parce qu’ils ont renoncé, parce qu’ils ne savent pas à qui s’adresser, ou parce qu’ils ne peuvent plus se déplacer.

Le déroulement d’une maraude, étape par étape

Voici comment se passe concrètement un samedi à la Confrérie Notre-Dame des Vertus.

  • 1Rendez-vous à la cité paroissiale d’Aubervilliers, en début d’après-midi.
  • 2Préparation des repas ensemble. Cuisine collective, bruyante et plutôt joyeuse.
  • 3Temps de prière, court, avant de partir.
  • 4Départ vers la Porte de la Villette et installation du stand.
  • 5Distribution des repas chauds, sans condition ni inscription.
  • 6Ramassage des déchets, les nôtres et ceux qui traînaient déjà.
  • 7Temps d’écoute avec les personnes qui le souhaitent.
  • 8Dernière prière, une fois tout rangé.

Compter de 13h à 17h environ. Nous ne parcourons pas la ville : le stand est monté à un endroit fixe, là où les personnes se trouvent déjà, et c’est là que tout se passe.

Le temps d’écoute

C’est l’étape que beaucoup de bénévoles considèrent comme le vrai cœur du samedi, et c’est aussi celle qu’on oublie le plus souvent de mentionner.

Une fois la distribution finie et le lieu remis en état, nous restons. On s’assoit, on discute avec ceux qui en ont envie, parfois longtemps. Un repas chaud règle un problème pour un soir. Une conversation où quelqu’un est traité comme un interlocuteur, et non comme un bénéficiaire, c’est autre chose.

Cela demande d’apprendre quelque chose de contre-intuitif : rester sans chercher à conclure. Le réflexe, devant une situation qu’on ne peut pas résoudre, est de proposer des solutions ou de s’en aller. Il faut faire ni l’un ni l’autre.

En bénéficier

Il n’y a rien à préparer. Pas de dossier, pas de justificatif de domicile, pas de pièce d’identité, pas d’inscription, pas de rendez-vous.

Vous venez, on vous sert, et vous discutez si vous en avez envie. C’est un choix de fond : quelqu’un qui a faim n’a pas à faire la preuve qu’il a faim.

Nous préparons aussi des colis alimentaires, distribués le samedi matin de 10h à 11h hors vacances scolaires, pour les personnes qui ont un logement et de quoi cuisiner.

Y participer comme bénévole

Il n’y a rien à savoir faire. On vous met à côté de quelqu’un d’expérimenté et vous apprenez en faisant. Il n’est pas nécessaire d’être croyant, ni disponible toutes les semaines : beaucoup viennent une fois par mois.

Ce qui est difficile n’est ni le froid ni le poids des marmites. C’est de soutenir un regard, et de rentrer chez soi sans avoir résolu quoi que ce soit. Vous ne sortirez personne de la rue un samedi après-midi. Il faut apprendre à considérer qu’un repas servi et une conversation tenue, c’est déjà beaucoup.

Venez voir un samedi, sans rien promettre. C’est ainsi que la plupart de nos équipes se sont constituées.

Les maraudes en Seine-Saint-Denis

Nous ne sommes pas les seuls, et c’est heureux. Plusieurs associations et équipes municipales organisent des maraudes dans le département, avec des horaires et des zones différents.

Pour savoir ce qui existe près de chez vous, le plus fiable est Soliguide, qui recense les distributions, les accueils de jour et les points de soin avec leurs horaires réels. C’est l’outil qu’utilisent les travailleurs sociaux du 93.

Si vous êtes travailleur social et que vous souhaitez orienter quelqu’un vers nous, un appel au 06 13 71 05 25 ou un courriel à contact@confrerie-ndv.org suffit, sans procédure.

Notre répertoire de chants raconte aussi quelque chose de ce travail : les chants de méditation éclairent le temps d’écoute, les chants de louange ce qui se passe avant de partir.

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